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Changer la taille du texte Cadre général : L'argent et le système Les mythes de l'économie Propositions bioéconomiques Divers : |
Genèse de la bioéconomie présentée sur ce site • Ma première rencontre avec l'économie a été un véritable choc. En 1995, j'ai lu cette phrase au détour d'un courriel : « Le discours économique a une fonction terroriste, celui d'évincer le citoyen du débat.» [1] J'ai trouvé cette phrase tellement puissante, tellement vraie, qu'elle a guidé une grande partie de mon parcours. J'ai voulu savoir et comprendre ce qu'il y avait dessous le discours économique. Et ce que j'ai découvert m'a véritablement horrifiée. Oui, réellement, « on » nous raconte n'importe quoi. Intentionnellement, « on » nous brouille les cartes à plaisir pour que, devant une science aussi incompréhensible, le citoyen lambda ne puisse pas avoir son mot à dire, et subisse la situation comme un mouton. Fondamentalement, «on» nous fait prendre des choses simples pour des choses complexes, des choses anormales et amorales, comme l'intérêt, pour des choses normales et évidentes. «On» nous fait croire certaines choses inévitables, logiques, alors que d'autres voies sont possibles ... ainsi la « pompe à fric » peut-elle continuer de travailler, sans relâche, tandis que des milliards de personnes vivent dans la pauvreté la plus sordide, juste pour alimenter son appétit insatiable.
Acteurs de ce système, nous sommes le plus souvent complices par ignorance. Quand on regarde la société, elle nous paraît d'une telle complexité, qu'il semble logique que l'économie soit difficile. Pour le citoyen conditionné par les discours politiques, il est naturel qu'il se sente incapable de comprendre et impuissant. Une visite au cœur de l'économie mondiale, en ce début du XXIème siècle, ressemble à ces parcours de château hanté que l'on trouve dans les foires. On pénètre dans un univers complexe, où tout semble obscur. Quand on pose les pieds, à certains endroits, le sol se dérobe, on reçoit des jets d'air froid, décourageant l'exploration. Ailleurs, les murs sont bizarres, inattendus, on se demande comment ils sont faits. Parfois un coin du voile se lève, on aperçoit l'horreur de la prostitution enfantine. Au détour d'un couloir de ce labyrinthe, surgit une autre abomination : le travail des esclaves dans les pays défavorisés… Plus loin, hurle l'univers concentrationnaire des élevages industriels… et celui des camps de réfugiés où l’on meurt dans un silence fracassant… On passe devant l'univers nauséeux de la malbouffe, le spectre terrifiant du nucléaire, la sorcière OGM… On avance toujours à tâtons, pour tomber sur des cercles vicieux, ces roues qui tournent sans fin et vous ramènent douloureusement sur le sol, tout comme la politique économique, qui, sans cesse, produit des riches encore plus riches, et des pauvres encore plus pauvres… Quand on se retrouve enfin dehors, on sait que l'on n'a vu qu'une petite partie des choses, et que tout encore nous reste impénétrable… Bref, un univers glauque et incohérent… Voici le but du discours économique du paradigme dominant : il s'agit de plonger les gens dans l'incompréhensible, pour que surtout, surtout, la vue d'ensemble ne puisse se faire et que le mécanisme sous-jacent de la machinerie ne soit pas dévoilé… Il en va de la survie de la fortune des puissants. La machinerie est gardée dans l’ombre afin que nul n’ait un tableau d’ensemble. Et pourtant… c'est finalement très simple.
Ce qui paraissait incompréhensible devient évident, ce qui paraissait complexe devient facile… Nous verrons que l'économie «libérale» est fondamentalement une économie de Mort et qu'elle entraîne irrémédiablement le monde à sa perte. Elle a mis en place des mécanismes hautement pervers : pour continuer à exister, comme un monstre qui a pris une vie autonome, elle nous plonge de plus en plus dans des mécanismes absurdes [2]. Nous comprendrons pourquoi il serait très simple en réalité de transformer notre économie simplement en changeant deux ou trois principes de base qui sous-tendent la gestion de notre système. C'est à cet éclairage que je vous invite. • Des économistes diplômés, des financiers, tenants du système, du haut de leurs longues études et de leurs dossiers remplis de suites de chiffres compliquées ou manipulées, tenteront certainement d'opposer des arguments contraires, brandissant des détails… Ce ne sont pas les détails qui comptent et qui focalisent si commodément l’attention, mais la vue d’ensemble, la situation de tous les laissés pour compte... D’ailleurs, s’ils étaient réellement compétents, ces économistes de la pensée dominante, le monde serait-il dans un tel état ? Pour moi, très clairement, ou l'économie est simple et compréhensible pour tous, ou c'est un attrape-nigaud, juste chargé de maintenir le monde en soumission. C’est pour cela que vous trouverez peu de chiffres : c’est intentionnel. Les chiffres sont utilisés depuis trois cents ans pour brouiller les esprits : avec des chiffres, ceux qui ont le pouvoir font croire n’importe quoi, et le quidam ordinaire se sent facilement dépassé, impuissant… Les chiffres nous éloignent de la réalité. Par contre dès que l’on aborde le SENS des choses, dès que l’on revient au CONCRET, au VISIBLE (A-t-on assez à manger ? Y a-t-il assez de professeurs ? Nos enfants de deux trois ans sont-ils heureux dans des classes avec trente élèves ? Les hôpitaux sont-ils assez nombreux ? Peut-on bâtir des villes agréables à vivre ? Peut-on aller à l’école ? Pourrais-je nourrir mon enfant demain ? Nos arrières petits enfants pourront-ils encore contempler un éléphant ? Puis-je me soigner ? etc.) on peut voir tout de suite si les mesures prises sont pro ou anti-vie. • Cela faisait plusieurs années qu’une vision anthropocentrique et vitaliste de l'économie me hantait. J'avais écrit quelques chapitres. Je savais déjà que le système bancaire était devenu un véritable cancer pour l'humanité. Mais je n'avais pas de mot pour définir cette vision. Je venais de lire un livre passionnant : « La Vie au centre, pour une culture biocentrique » de Bruno Ribant [3] et cette idée de « Vie au centre » ne m'a plus quittée. Le lendemain matin je me suis réveillée avec ce mot dans la tête : «bioéconomie». Bien sûr. C'était évident.
J'ai donc commencé mon ouvrage. Curieuse, j'ai cherché
si d'autres avant moi avaient employé ce mot simple et si parlant.
Je suis tombé sur la Bioéconomie de Nicolas Georgescu-Roegen,
que je ne connaissais pas à l'époque. Un peu déçue,
je n’osais lui emprunter son mot, puisqu'il était le sien.
J'allais utiliser les mots de "biosocioéconomie",
"bioéconomie organique", "bioéconomie vitaliste",
"économie biocentrique" ou quelque chose dans
ce genre. Puis, en y regardant de plus près, j'y ai vu tant d’affinités
dans l'esprit que je me suis décidée à l'employer
quand même. Bien sûr, Georgescu-Roegen utilise le champ de
la thermodynamique pour asseoir son propos, science qui m’est peu
familière, tandis que j'utilise des notions issues de la biologie.
Mais je crois que ma vision est pleinement en accord avec son œuvre,
fille cachée et naturelle en quelque sorte. Il a pris la Terre
comme système global, je prends l'humanité, mais c'est toujours
une échelle du Vivant... Je suis sûre que ce grand homme ne serait pas fâché
de ma demande de filiation. • Il vous est donc proposé un regard particulier, une vision différente et novatrice des choses :
Chaque fois qu'on vous présentera des arguments fumeux, chaque fois que vos politiciens vous serviront des platitudes incompréhensibles, dans une véritable langue de bois, essayeront de vous vendre des régressions pour des avancées sociales, utiliseront la «pédagogie» alors que vous êtes adultes, pour mieux vous escroquer, diminueront vos acquis au nom d’une quelconque solidarité, vous demanderont des sacrifices, quand eux continuent à s’enrichir, vous pourrez voir quel maître ils servent : celui qui veut votre asservissement, ou celui qui veut votre bonheur. Il n'y a plus d'échappatoire possible, tout prend du sens. À la lumière de cette nouvelle perspective, nous pouvons voir en quelques coups d'œil combien notre économie actuelle est imbécile, inadaptée, contre-productive et criminelle… Et combien il serait facile, en suivant des principes biorespectueux, d'avoir un système sain et une société qui prendrait enfin soin de tous ses membres. Le challenge n'est pas idéologique : il en va tout simplement de la survie de notre espèce, de la survie globale de l’oasis de vie qu’est la Terre.
"Puisse cette nouvelle perspective
donner un peu de joie aux enfants de la Terre, qu’ils soient humains
ou non." Marie Martin-Pécheux [1] Je ne connais malheureusement pas l’auteur(e) de cette phrase, mais qu’il (elle) soit ici remercié(e). [2] Le dernier en date, tandis que j’écris ces lignes… un gouvernement occidental impose pour palier aux effets conjugués du grand âge, de la malbouffe, des effectifs en sous nombre dans les services de santé et de la canicule de supprimer un jour férié ! Ainsi au lieu de se pencher sur les véritables problèmes, de parler de l’effarante responsabilité des gouvernants dans le réchauffement planétaire, les ouvriers et les moyens salaires, une fois de plus vont être obliger de perdre un acquis social… [3]«Mettre la vie au centre de nos vies» Bruno Ribant, Editions Alphée. |
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Conception
graphique : Gwendal Bazin : :
Crédit photo
: : Combattons
les spams : :
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