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Changer la taille du texte Cadre général : L'argent et le système Les mythes de l'économie Propositions bioéconomiques Divers : |
Des indices économiques intelligents
• Un corps vivant dispose d'indicateurs internes pour savoir s'il va bien. L'absence de douleur lui indique qu'il n'est pas blessé. Ses capteurs thermiques le renseignent sur sa température interne. La soif est détectée, la faim également. Il est capable de percevoir l'invasion virale par une montée de fièvre, etc. Ces signaux lui permettent d'ajuster ses comportements pour rester en vie et en bonne santé. Pareillement, le corps social doit avoir des indicateurs efficaces lui
permettant d'appréhender son état général,
l'état de ses cellules humaines et de ses organes, et la circulation
de ses fluides (accès à l'argent), sels et nutriments (accès
à la nourriture, aux biens, aux services...), etc. pour ajuster
sa conduite et ses choix politiques ou économiques.
• Un thermomètre permet au corps humain de connaître sa température. Si elle se situe aux environs de 37°C, c'est un signe de bonne santé. Si la température monte, nous savons que la maladie est là. Et bien pour le monde actuellement, c'est tout le contraire : nous avons des indicateurs qui disent que tout va bien quand tout va mal ! Ils nous indiquent que nous n’avons pas la fièvre, alors que nous sommes en crise. En effet, les décisions politiques se prennent sur des indices économiques tel le PIB (Produit Intérieur Brut). Or celui-ci mesure de manière positive non seulement une croissance qui serait normale et saine, mais aussi tout ce qui participe à la reconstruction. Par exemple, si l'on doit reconstruire une ville suite à un tragique tremblement de terre, l'indice va monter, car nombre d'entreprises vont trouver du travail sur le chantier. Un pétrolier s'échoue et dévaste des centaines de kilomètres de littoral, tuant des milliers d'oiseaux ? Les équipes de nettoyage vont pouvoir utiliser leurs pelles et faire grimper l'indice, tandis que leurs entreprises se frottent les mains ! Un cyclone souffle nos maisons que, stupides, nous nous obstinons à construire carrées ? Quelle merveilleuse perspective pour les constructeurs et pour le PIB ! C'est exactement comme si le corps estimait se sentir en grande santé par ce qu'il est en train de reconstruire ses tissus endommagés. Mais s'ils ont été endommagés, n'est-ce pas suite à une blessure, à une atteinte, à une maladie grave, à une attaque, qui en réalité fragilisent l'organisme ? « Nous avons en revanche la preuve permanente que notre représentation
actuelle de la richesse, et l'usage contre-productif que nous faisons
de la monnaie, aggravent les problèmes auxquels nos sociétés
sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre.
Dans la plupart des dossiers qui ont été au cœur des
débats publics de ces derniers mois, de la vache folle à
l'Erika, de l'amiante aux accidents de la route, des conséquences
de la grande tempête de décembre 1999 à la crise des
carburants de l'automne 2000, il y a toujours un élément
commun que l'on oublie curieusement de rappeler : ces catastrophes sont
des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut
, ce chiffre magique dont la progression s'exprime par un mot qui résume
à lui seul la grande ambition de nos sociétés matériellement
développées et éthiquement sous développées
: LA CROISSANCE ! • Notre système économique occidental est véritablement fou et monstrueux : alors que nous pouvons grimper jusqu'à la lune et piéger l'infiniment petit dans des supermachines, près de 3 milliards de personnes - la moitié de l'humanité - vivent avec moins de 2 Euros par jour. C'est logique, parce qu'idéologiquement, le système qui broie tant d'existences dans ses mains d'acier, comme un géant sans âme, n'est pas fondé sur la solidarité et qu'il utilise des indices économiques parfaitement inadaptés, pour ne pas dire stupides. Pour fonder leurs décisions, les politiciens ne se basent pas sur la Vie ou des indices qui accentueraient la vitalité de la nation, le bonheur des gens, mais sur son ARGENT. Obnubilés par cet objet devenu « sacré », ils oublient de regarder les êtres humains. Et ne parlons pas des autres espèces, animales ou végétales : pour eux, elles n'existent que pour assouvir les besoins, ou les instincts les plus odieux de l’espèce humaine... Nous avons donc des indicateurs incomplets et incompétents, qui ne donnent qu’une partie de la situation réelle, qui indiquent que tout va bien alors qu'en réalité le peuple sent bien que tout va de plus en plus mal. Plus on dévastera l'environnement, et plus il y aura de travail de réparation, plus le PIB grossira… autrement dit, continuons à nous détruire, c'est notre salut ! [1] • Un autre exemple : ces indices nous disent que notre économie se porte plutôt bien alors que le nombre de personnes se rendant aux restos du cœur augmente chaque année et que les sans logis sont de plus en plus jeunes. D’autres prétendent que le coût de la vie a baissé, alors que, manifestement, les petits salaires ne parviennent plus à boucler leur fin de mois. Les statistiques arrivent à prétendre que le nombre de chômeurs diminue, simplement en les supprimant des allocations… La liste est longue de ces prétendus chiffres exacts de l’économie… Nous n’avons pas non plus d’indicateurs chargés de mesurer la souffrance - ou, si nous en avons, nous ne les utilisons pas. Et pourtant, comme nous avons mal ! Nos ados se droguent, nos enfants souffrent d’illettrisme… et nous détruisons le système scolaire… Notre santé se dégrade, le taux de cancer n’a jamais été aussi élevé, nous consommons des montagnes de tranquillisants… et nous dé-remboursons les médicaments et interdisons les médecines nouvelles… La télévision et les jeux vidéo apprennent à nos enfants à tuer… et nous déversons des émissions-poubelles et des meurtres en série pour faire de l’audimat à longueur d’année… Bref, nous ne prenons pas en compte notre douleur. Pire, pour alimenter la machine folle, nous prenons des options qui l’augmentent chaque jour un peu plus. Nous sommes pris dans une spirale morbide et toutes les décisions mises en place ne font qu’aggraver la situation. « A quoi sert-il d'avoir un PIB par tête très important si vous vivez dans un pays où la démocratie n'existe pas ? A quoi sert-il de vivre dans un pays riche si l'air que vous respirez est complètement pollué et si la majorité des habitants du pays voisins vivent dans le dénuement le plus complet ? » Pierre Le Roy • Un être vivant est mu par deux choses fondamentales : la recherche du plaisir, lié à l’assouvissement de tous les besoins fondamentaux, et l’évitement de la douleur. Mais nos indices économiques, au lieu de chercher à satisfaire ces nécessités… se préoccupent de chiffres froids et inefficaces… Il est donc urgent de changer d'indicateurs économiques
• De l'état de santé basique vers l'état de santé optimum Un corps n'est pas seulement un morceau de viande animé dont il suffirait, pour le maintenir en bonne santé, de respecter strictement les besoins biologiques par un air de qualité, une nourriture saine, de l'exercice, etc… C'est aussi un organisme global qui a besoin de vivre l'état de bonheur et l'absence de conflits graves, qui a besoin de visions et d'espoirs. Si nous voulons survivre, il n'y a pas d'autre choix : l'économie doit enfin se mettre à gérer la maison d'une manière humaine et apporter le bonheur à sa maisonnée. Supporterions-nous de vivre à notre domicile dans une maison sale, avec des placards vides et des habitants qui s'affrontent constamment ? De nous coucher le soir et d’être réveillés à coup de mitraillettes ? C'est pourtant ainsi que la nation la plus puissante entend gérer ses conflits avec ses voisins, à coup de bombes radioactives.
Seule une manière pacifique de régler les conflits peut aider à résoudre les difficultés qui se posent. Seuls des indices basés sur le bien-être et le bonheur peuvent nous permettre d'ajuster notre économie globale pour le maintien en excellente santé de notre corps social planétaire.
•Cet indice doit prendre en compte,
au minimum et de manière non exhaustive : Il est sans doute bien difficile d'appréhender et de manier statistiquement ce qu'est « l'état de bonheur », et comment nous pourrions faire pour « calculer » cela. Mais un questionnaire léger, que les citoyens peuvent remplir le jour d’une élection, en utilisant une échelle de 0 à 10, renseignerait les gouvernements sur cet état et donc sur la politique à tenir. Citons par exemple : _____________________________________ [1] L’économie américaine semble repartir : son PIB remonte. C’est normal, car sont comptabilisés les coûts des reconstructions liées aux tornades, aux inondations et aux incendies nombreux et graves qu’ils viennent de subir… et puis la guerre… quelle merveilleuse aubaine pour l’économie !
[3] Les femmes sont en général plus durement touchées
que les hommes par les problèmes de développement. Le Pnud
mesure cela avec deux indices composites de développement humain
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Conception
graphique : Gwendal Bazin : :
Crédit photo
: : Combattons
les spams : :
2006 Copyleft
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